Yosuke KOJIMA, Waterscapes

    Dans ses Waterscapes, le photographe japonais Yosuke Kojima nous montre une nature marquée par de violentes pluies, mais néanmoins d’une beauté sereine et silencieuse, pleine de majesté. Un monde où le spectateur a envie de se laisser doucement entraîner. Le paysage acquiert une qualité picturale avec sa palette de verts, bleus et gris rehaussés de quelques flamboiements automnaux et de touches de lumière. Les photographies deviennent pures compositions plastiques. Les contours semblent au premier abord clairement définis ; en fait, les limites s’effacent, les frontières entre ciel et terre sont abolies, haut et bas se confondent. Le regard se sent à la fois attiré vers l’envers mystérieux du miroir liquide et invité à suivre le courant, vers l’horizon que l’on aperçoit parfois. Chaque photographie est un espace clos sur lui-même dans une sorte de complétude momentanée. Dans ces espaces entre matériel et immatériel, nos repères visuels n’ont plus cours. Les images formées par les reflets des paysages sont déjà intrinsèquement des inversions du réel ; elles atteignent un degré supplémentaire de virtualité lorsqu’elles apparaissent sur le verre de visée de la chambre grand format utilisée par Yosuke Kojima. La réalité nous échappe, mais l’appareil continue à nous révéler ces illusions nées d’un monde pourtant bien vivant.

    Valérie Douniaux

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    In his Waterscapes, Japanese photographer Yosuke Kojima shows us a nature affected by violent rains, but of a nevertheless serene and silent beauty, full of majesty. A world into which the viewer wishes to wander, to be slowly drowned. The landscape acquires an almost pictorial quality with its palette of greens, blues and greys enhanced by some autumnal flamboyance and touches of light. The photographs become pure plastic compositions. The outlines seem at first glance perfectly defined ; in fact, the limits are blurred, the frontiers between sky and earth are abolished, above and below mingle. The eye feels both attracted towards the mysterious underside of the liquid mirror and invited to follow the current, towards the horizon which appears at times. Each photograph is a world closed on itself in a kind of fleeting completeness. One’s usual visual references are no longer of use in these spaces between material and immaterial. The pictures created by the reflections of the landscapes on water are, intrinsically, an inversion of reality; they reach a higher degree of virtuality when they appear on the ground glass of the large size view camera used by Yosuke Kojima. Reality eludes us, but the camera goes on revealing these illusions born from a world that is undeniably tangible and alive.

    Valérie Douniaux